Bonne année du coq 2017 ! Chúc mừng năm mới Xuân Đinh Dậu !

Chúc mừng năm mới Xuân Đinh Dậu 2017

Bonne année du Coq !

Je vous souhaite à toutes et à tous une année 2017 inspirante, lumineuse, pleine de joie, de sérénité et de bonheur.

Un an est déjà passé… Ça a filé à la vitesse de l’éclair. Et pour vous ?

J’ai vécu une merveilleuse année du singe, pleine de surprises et de joie, dont celle d’avoir publié en novembre un livre Nouilles d’Asie (lire ici), éd. du Chêne, co-écrit avec Chihiro Masui et Margot Zhang, 320 pages, 150 recettes de nouilles de Chine, du Japon et du Vietnam. Une merveilleuse et enrichissante aventure !

Davantage encore, j’ai eu le plaisir de donner plus de cours de cuisine, d’y faire de belles rencontres, de retrouver certain(e)s participant(e)s plusieurs fois à mes cours, et de pouvoir continuer à transmettre la culture culinaire du Vietnam.

Photo 1: © H. Rouby. Léon, 11 ans, à un atelier de bo bun à L’appartement créatif. Un de mes plus jeunes participants, doué et sérieux. Mon chouchou.

Photo 2: © La kitchenette de Miss Tâm. Cours privé chez No et Aurélie. Ma meilleure élève de banh cuôn !

© photo Emmanuel Auger. Avec la cuisinière Sonia Ezgulian, une merveilleuse rencontre.

Tout cela, un peu au détriment de mon blog que j’ai dû délaisser à regret durant l’année. J’ai pourtant encore plein de recettes à partager avec vous, plein de choses à vous raconter… et j’espère que le Coq sera clément et généreux en temps avec moi pour me permettre de publier plus souvent ici !

Et pour commencer, quelques mots très courts sur le Têt et le premier jour de l’an…

Savez-vous que le nouvel an lunaire est basé sur le calendrier chinois traditionnel. Il est célébré en Chine, en Corée, au Japon, en Mongolie, au Tibet et au Vietnam. Cette année, le premier jour de l’année sera sous le signe du Coq, le samedi 28 janvier 2017.

Au Vietnam, nous appelons le nouvel an lunaire, Tết Nguyên Đán, qui a été raccourci à fête du Têt (nouvel an vietnamien) en français. En réalité, nous avons une douzaine de Tết dans l’année comme le Tết rằm tháng Giêng, Têt Hàn Thực, Tết Trung Nguyên, Tết Trung Thu (fête de la mi-automne), Tết Ông Táo… Chaque Tết du calendrier lunaire est à l’origine des festivités pour conjurer le (mauvais) sort d’une saison agricole à l’autre (la pluie, la forte chaleur, la brume…) à travers des rituels, des offrandes au ciel (trời), à la terre (đất), aux ancêtres… Nous sommes très superstitieux.

Parmi ces Tết, la fête la plus importante est le Tết Nguyên Đán, célébration du premier jour de l’année et du printemps, symbole de renouveau, les « retrouvailles » avec les ancêtres et la famille. On efface l’ardoise du passé pour redémarrer l’année nouvelle sur de bases positives. Selon nos croyances, tout ce qui nous arrive ou tout ce que nous faisons le premier jour de l’année, se répercute toute l’année. La première personne qui entre dans la maison après minuit doit être une “bonne” personne pour apporter chance et prospérité. On choisit souvent une personne bien portante (signe de bonne santé et de richesse) dans la famille pour entrer en premier dans la maison le jour de l’an. Dans ma famille, c’était toujours mon père, de nature ronde, joyeuse et sincère, qui entrait en premier pour porter chance. Nous sortions tous de la maison à 23h55 et mon père passait la porte en premier à 00h01…

En ce premier jour de l’année, point de travail, de discorde, de rupture, de casse ou de dépense. Tout doit bien se passer, avec harmonie et bienveillance. On porte des habits neufs, on se plie aux rituels (culte des ancêtres), les enfants présentent leurs vœux aux parents et grands-parents (s’ils sont là) et reçoivent des étrennes (lì xì) dans une enveloppe rouge (couleur porte-bonheur). On reste en famille et on mange ensemble. Le 2ème jour, on rend visite à la famille, et le 3ème jour, à ses amis (dans l’ancien temps, on devait rendre visite à ses professeurs).

Cette tradition est respectée dans tout le Vietnam, du nord au sud. Mais concernant les plats du Têt, il existe quelques différences entre les trois régions (nord, centre et sud). Les plats sont toujours déposés en offrande en premier aux ancêtres avant de pouvoir les déguster. C’est pourquoi les plats du Têt sont généralement des plats mijotés, cuits, des légumes en conserve (oignons jeunes salés, légumes en saumure, légumes au vinaigre), qui peuvent se réchauffer ou se déguster tel quel. Car ne l’oublions pas, le 1er jour de l’an, on ne cuisine pas.

L’année passée, j’ai présenté (très) succinctement les plats principaux du Têt dans le sud du Vietnam, dont ma famille est originaire. Cette année, j’aimerais vous présenter les plats traditionnels du nouvel an dans la région du nord.

© Photo de la chaîne Quán Ăn Ngon, Viêt Nam.

On dispose traditionnellement les plats sur un grand plateau rond, dans des bols et des assiettes, par nombre pair (4/4, 6/6 ou 8/8). Les mets suivants sont les plus courants sans que cela soit exhaustif.

  • L’incontournable bánh chưng, typique du nouvel an dans le nord (gâteau de riz gluant farci à la pâte de haricot mungo et de poitrine de porc, de forme carrée, enveloppé dans des feuilles dong (de la famille d’arrow-root), symbole de la terre) ;
  • le bánh giây (orthographié à tort, bánh dày ou bánh dầy, des gâteaux de riz gluant nature ronds et blancs, comme les mochi japonais, symbole de la gratitude envers ses parents et aux aînés) ;
  • le giò lụa (mortadelle / pâté de porc vietnamien) ;
  • le thịt đông (porc en gelée typique du nord) ;
  • le giò thủ (pâté de tête du nord) ;
  • le chả quế (pâté de porc à la canelle) ;
  • les dưa hành (oignons jeunes fermentés) ;
  • les dưa món (légumes en saumure) ;
  • le xôi gấc (riz gluant au momordique rouge) ;
  • le gà luộc poulet entier bouilli (symbole de l’unité de la famille) ;
  • món thịt (un plat de porc) ;
  • le canh bóng bì thập cẩm (soupe de couenne de porc soufflée aux légumes variés)  ;
  • le miến gà (soupe de vermicelles de toloman (miến dong) au poulet) ;
  • le canh măn thịt sườn (soupe de travers de porc aux pousses de bambou séchées);
  • le canh mọc nấm (soupe de boulettes de porc aux champignons) ;
  • le rau xào thập cẩm (légumes variés sautés) ; etc.

Parmi les douceurs, il y a les plateaux de fruits frais (dans le nord : les incontournables sont les pamplemousse, bananes vertes, kaki, orange, kumquats, clémentines…) et des friandises à base de fruits confits pour accompagner le thé.

© Droits réservés. Photo empruntée sur Internet.

© Droits réservés. Photo empruntée sur Internet.

Ah ça donne faim d’écrire tout ça !

L’année prochaine, je vous parlerai des plats du Têt du centre du Vietnam.

Aux fidèles lecteurs et élèves, aux nouveaux abonnés, aux visiteurs occasionnels, vous étiez plus de 1 million ( !!! ) à visiter mon blog durant l’année, merci encore de votre passage, de vos commentaires et messages très touchants (auxquels je n’ai pas eu le temps de répondre à tous, mes plus vives excuses !), de votre participation à mes ateliers de cuisine pour celles et ceux qui l’ont fait, de votre fidélité et de votre générosité !

J’espère avoir le plaisir de vous rencontrer et de cuisiner avec vous à l’un de mes cours de cuisine vietnamienne (à L’appartement créatif, Paris 20), si vous êtes de la région parisienne ou si vous êtes de passage à Paris. L’agenda de mars et avril 2017 est déjà en ligne ! Et pour nos amis lyonnais, je vais reprogrammer six sessions de cours à Lyon en juillet.

A très bientôt !

Minh-Tâm

Chúc mừng năm mới Tết Bính Thân ! Bonne année du Singe !

Voeux La kitchenette de Miss Tam 2016 Tet binh Than

Chúc mừng năm mới ! Bonne année du Singe à tous !

En ce premier jour de l’année Bính Thân, je vous adresse mes voeux de santé, bonheur et prospérité ! Que l’année du Singe soit joyeuse, légère et pleine de rebondissements positifs pour vous !

Étant originaire du sud du Vietnam, je fête le nouvel an (tết nguyên đán) à la mode du sud : gâteau de riz du nouvel an cylindrique (sud, bánh tét ici), le porc au caramel aux oeufs (thịt kho trứng, ici), la soupe de concombre amer (canh khổ qua, ou littéralement par homophonie, souffrance / passé) qui symbolise les souffrances derrière soi, passées, pour bien commencer la nouvelle année, les germes de haricot mungo vinaigrés (dưa giá, ici), les échalotes aigres-douces, et optionnellement, des nem chua (charcuterie du sud du VN, porc fermenté à l’ail et au piment).

Je profite de ces voeux pour vous témoigner toute ma gratitude et mes remerciements pour votre fidélité en visitant mon site et en vous inscrivant très nombreux, pour votre aimable soutien, pour votre immense gentillesse et bienveillance à travers les commentaires et les messages privés (auxquels je n’ai malheureusement pas le temps encore de répondre…) qui me touchent beaucoup, ainsi que pour votre amour et intérêt pour la cuisine vietnamienne. Merci également aux personnes qui ont suivi des cours de cuisine avec moi tout au long de l’année, qui m’ont offert tant de joie et de plaisir en cuisine. J’en profite pour vous informer que les nouvelles dates (avril, mai et juin) des ateliers de cuisine sont en ligne et disponibles à la réservation ! 🙂

Je vous embrasse et à bientôt ! Très beau premier jour de l’année du Singe !

Amicalement.

Minh Tâm

Pâté de tête à la vietnamienne (Giò thủ)

Dans la tradition culinaire du nord du Vietnam, les mets préparés pour le Nouvel an sont d’abord destinés au génie du foyer (protecteur du foyer) et aux ancêtres, avant de pouvoir les déguster à son tour le premier jour de l’année. Ils sont servis dans 4, 6 ou 8 bols et respectivement dans 4, 6 ou 8 assiettes. En général, les plats du nord sont composés du fameux gâteau de riz gluant farci au porc et à la pâte de haricot mungo de forme carrée (bánh chưng), de poulet bouilli (gà luộc), de viande de porc en gelée (thịt đông), de soupe de couenne frite et de légumes (canh bóng bì), de vermicelles de soja aux abats de poulet (miến lòng gà), de mortadelle (giò lụa) et/ou pâté de tête de porc (giò thủ), d’oignons blancs vinaigrés (dưa hành), de légumes en saumure (dưa món), de riz glutineux rouge au momordique de Cochinchine (xôi gấc – car la couleur rouge est une couleur qui représente le bonheur au Vietnam)… Du côté des mets sucrés, il y a toujours un plateau de fruits, des fruits confits et confiseries et des entremets sucrés. Voilà un festin assuré pour bien commencer l’année !

Étant originaire du sud du Vietnam, ma famille prépare des mets différents de ceux du nord pour le Nouvel an, mais je traiterai en détail ce sujet l’an prochain pour l’année de la chèvre, je vous le promets ! J’ai eu la chance de grandir dans une famille vietnamienne ouverte aux cultures des autres régions du pays, sans ce clivage régionaliste nord / sud très marqué (hélas) chez les Vietnamiens. Cela m’a permis lorsque j’étais enfant, de découvrir, de goûter et même d’avoir le plaisir de participer à la confection des plats du nord du nouvel an tels que le délicieux pâté de tête de porc, appelé Giò thủ, présenté aujourd’hui dans La Kitchenette.

Pour ceux qui ne connaissent pas cet exquis pâté de fête, c’est le jumeau vietnamien du fromage de tête français. Essentiellement à base des morceaux de tête de porc (oreilles, langues, museau), le giò (= « hachis » de porc) thủ (=tête) est parfumé aux champignons noirs et shiitakés, aux oignons et à l’ail, au nuoc mam pur (saumure de poisson) et surtout au poivre. Autrefois, ce pâté de tête était enveloppé dans des feuilles de bananier. Certains en font encore de cette façon. Comme toujours, il existe plusieurs façons de réaliser ce pâté de tête selon les familles. Certaines personnes ajoutent des épices supplémentaires (des cinq-épices, du gingembre par exemple) pour parfumer, de l’omelette en fines lamelles comme dans le sud pour faire joli, des aromates, de la poudre de bouillon comme il est (trop) souvent d’usage dans la cuisine vietnamienne, ou même du glutamate. En ce qui me concerne, je préfère rester au plus proche de la simplicité.

Pour la cuisson, les Vietnamiens ne cuisent pas les parties de tête aussi longtemps que les Français pour leurs fromages de tête. Cela permet de mieux conserver le croquant des cartilages et de préserver une certaine tenue de la viande. La cuisson à l’eau bouillante salée dure environ 40-45 minutes maximum, mais les oreilles sont souvent retirées avant la fin de cuisson. Ensuite, les morceaux de viande sont découpés en lanières, en lamelles, en tranches, en morceaux selon envie, et sont revenus à la poêle avec les champignons réhydratés et les condiments, épices et aromates, pendant 10 à 15 minutes supplémentaires. C’est pourquoi il est courant de voir ce pâté appelé giò thủ xào (= sauté, poêlé).

Une fois que tout est cuit et revenu à la poêle, les gens au Vietnam utilisent souvent des boîtes de lait métalliques vides (qui existent en plusieurs tailles plus ou moins hautes), pour confectionner les pâté de tête. On obtient ainsi un long pâté cylindrique et de belles rondelles. Hors du pays, on ne trouve pas toujours facilement des longues boîtes cylindriques en métal, mais on peut utiliser des bouteilles en plastique ou simplement des boîtes hermétiques ou des terrines avec couvercle. Personnellement, j’aime utiliser les bouteilles en plastique.

Avec ma copine de blog, Létitia (de Piment oiseau ici), nous nous sommes mises d’accord pour publier chacune sa recette du gio thu le même jour ! C’est un petit clin d’œil gourmand et amical qui a commencé avant Noël autour de choses ragoûtantes comme le cochon, la charcuterie, les oreilles, les museaux, les têtes, où les langues se sont déliées joyeusement…

Voici ma recette du pâté de tête à la vietnamienne (Giò thủ).

Préparation : 1 heure. Cuisson : 45 minutes + 15 minutes.

Ingrédients :

  • 2 oreilles de porc
  • 2 langues de porc
  • 2 joues ou 1 museau de porc (si vous n’en trouvez pas, vous pouvez remplacer par du jarret)
  • 1 gros oignon haché + 1 gros oignon pour la cuisson de la viande à l’eau
  • 3 ou 4 gousses d’ail finement haché
  • 20 g de champignons noirs séchés
  • 2 têtes de shiitaké (champignons parfumés) séchés
  • 2 cuillères à soupe de nuoc mam (saumure de poisson)
  • 1 cuillère à soupe de sucre roux de canne
  • 1 cuillère à café de poivre noir moulu
  • 1 cuillère à soupe de poivres noir et blanc mélangés, à concasser grossièrement.
  • 1 cuillère à soupe rase de sel fin + 2 cuillères à soupe de sel pour le nettoyage + 1 cuillère à soupe de sel fin pour la cuisson des morceaux de porc.
  • Vinaigre blanc pour nettoyer les oreilles et le museau.
  • facultatif : 1 bout de gingembre pour la cuisson à l’eau des morceaux de viande

Matériel :

  • Un moule long cylindrique (une bouteille en plastique ou une boîte de conserve haute et fine) pour avoir de belles tranches rondes traditionnelles.
  • Sinon, une terrine ou une boîte hermétique rectangulaire fera également l’affaire.

Préparation :

  • Bien nettoyer les oreilles, langues et museau avec deux cuillères à soupe de sel. Frotter. Nettoyer en particulière les oreilles et le museau au vinaigre blanc mélangé à un peu d’eau. Rincer abondamment.

  • Faire cuire toute la viande dans l’eau bouillante salée (1 cuillère à soupe de sel) avec 1 oignon pelé entier (et facultatif :1 bout de vieux gingembre) pendant 40-45 minutes. Bien surveiller les oreilles au bout de 20-25 minutes. Prendre une baguette asiatique ou une brochette en bois / bambou, et transpercer l’oreille. Si ça passe facilement, retirer les oreilles du bouillon. Si ça cuit trop longtemps, les cartilages vont perdre en croquant. C’est ce croquant qui fait l’intérêt du pâté de tête vietnamien. Laisser cuire le reste des morceaux de viande.
  • Après cuisson, sortir du bouillon, nettoyer, laisser refroidir.

  • Pendant la cuisson du porc, faire tremper les champignons noirs et shiitakés séchés dans l’eau dans un grand bol pendant 30 minutes. Puis rincer à l’eau pour les nettoyer, égoutter, puis couper les champignons réhydratés en lanières de 2 à 3 mm. Réserver.

  • Les oreilles : couper en lanières de 2 à 3 mm d’épaisseur.
  • Les langues : peler toute la langue, surtout le dessus de langue qui aura blanchi à la cuisson. Couper en tranches.
  • Le museau ou les joues : couper en petits morceaux.

  • Peler l’oignon et les gousses d’ail, puis hacher. Concasser grossièrement les grains de poivres noirs et blancs.
  • Dans une grande poêle ou marmite, chauffer un peu d’huile sur feu vif, faire revenir l’oignon. Ajouter les oreilles, les langues et le museau ou les joues, puis l’ail. Verser le nuoc mam pur (saumure de poisson), le sel, le sucre, le poivre moulu et les grains de poivre. Faire revenir pendant 10 minutes.

  • Ajouter en dernier les champignons. Faire revenir pendant environ 5 minutes. Goûter, rectifier avec un peu de sel, de poivre ou de sucre si nécessaire.
  • Lorsque la viande suinte et rend un peu de liquide, devient visqueuse d’aspect, la cuisson arrive à terme. Ce jus est la gelée qui va permettre de lier tous les morceaux de viande en refroidissant. Réserver hors du feu et laisser tiédir.

  • A moins de posséder un vrai moule long et cylindrique, on peut en créer un simplement avec une grande bouteille en plastique en coupant le haut de la bouteille. Prendre un grand sac plastique de congélation, chemiser l’intérieur de la bouteille (voir photos).
  • Remplir complètement la bouteille de morceaux de viande cuite avec son jus. Bien tasser le contenu au fur et à mesure à l’aide d’une cuillère en bois.

  • Au bout de la bouteille, une fois bien remplie avec un peu de débordement de viande, refermer le sachet en plastique en chassant l’air et en comprimant au maximum les morceaux de viande. Faire un nœud au bout. Laisser refroidir à température ambiante pendant 3 à 4 heures.

  • Puis garder au réfrigérateur au moins 12 heures avant de déguster. Le froid permettra à l’ensemble du pâté de se former grâce à la « gelée » (nhựa) du porc obtenue pendant la cuisson.
  • Le lendemain ou après 12 heures de repos au frais, on peut sortir le pâté de tête de sa bouteille en tirant sur le sachet en plastique.
  • Sortir le pâté du sachet et couper en tranches épaisses. Les disposer dans une assiette pour servir.

Et voilà un superbe pâté de tête à la vietnamienne, un délicieux giò thủ pour accompagner les différents mets du Nouvel an vietnamien, ou simplement pour le plaisir d’en savourer sans occasion spéciale, en apéritif, en sandwich ou avec un simple bol de riz blanc… Quel régal !

Légumes aigres-doux à la vietnamienne (đồ chua)

Si vous connaissez un peu la cuisine vietnamienne, vous avez certainement déjà goûté les délicieux petits légumes aigres-doux (en vietnamien, đồ chua), que l’on trouve toujours en accompagnement de grillades, du porc laqué vietnamien, du fameux porc au caramel et aux œufs (lors du Têt, nouvel an vietnamien), ou encore les carottes aigres-douces dans la salade de vermicelles de riz au boeuf Bún et dans les ingrédients incontournables du banh mi vietnamien.

Au Vietnam, ces pickles de légumes sont très populaires et appréciés. Non seulement le côté croquant, frais et coloré des légumes est très plaisant, mais son goût aigre-doux typique agrémente agréablement les salades et permet également d’atténuer le goût du gras des grillades et des plats mijotés avec forte présence de gras comme le porc au caramel et aux oeuf (Thịt kho trứng).

Comme toujours, il existe plusieurs façons de faire des légumes aigres-doux. D’abord, le choix des légumes, son usage (salade ou accompagnement de viande) et son goût plus ou moins parfumé, épicé, vinaigré. Parmi la liste des légumes populaires pour les pickles, on trouve les carottes, le daikon ou radis blanc, le concombre, le fenouil, le chou-fleur, les germes de haricots mungo, les oignons gros ou petits, les échalotes. Mais il existe aussi des variantes gourmandes moins fréquentes comme les liserons d’eau ou encore les tiges de lotus. En accompagnement dans le banh mi ou le bo bun, les carottes râpées ou en allumettes, sont marinées dans un simple mélange de vinaigre, d’eau et de sucre. Pour l’accompagnement de viandes, les légumes aigres-doux auront une marinade plus épicés avec de l’ail et du piment, parfois parfumés avec du gingembre ou du galanga. Il y a aussi deux écoles pour la marinade : avec sel ou sans sel. On dit que le sel ramollit les légumes et ôte leur croquant. Mais sans sel, on trouve aussi que cela ne donne pas assez de goût. En ce qui me concerne, j’en mets.

Voici la recette facile de base pour les légumes aigres-doux à la vietnamienne, les đồ chua, tels que je fais chez moi. Le choix et la coupe des légumes sont selon votre goût et vos envies, et les quantités selon la taille et le nombre de bocaux en verre utilisés.

Ingrédients :

  • Légumes frais, lavés, pelés (sauf pour le concombre) et coupés en julienne, bâtonnets, allumettes, rondelles, fleurs, etc…: carottes, choux-fleur, concombre, radis blanc (daikon)…
  • 1 cuillère à café bombée de sel (ou + selon la quantité de légumes) sur les légumes pour les faire dégorger.
  • Facultatif : Ail : gousses d’ail pelées et laissées entières (2 à 3 par bocal / pot)
  • Facultatif : Piment rouge ou vert : prendre les grands – ils sont moins forts que les piments oiseaux. Laver, épépiner, couper en rondelles. 1 piment par bocal pour ceux qui aiment manger très pimenté.

Marinade au vinaigre – base à adapter en fonction du volume des bocaux :

  • 1 dose (ou une louche) de vinaigre blanc ou vinaigre de riz
  • 1 dose (ou une louche) de sucre
  • 1,5 dose (ou 1,5 louche) d’eau
  • 1 cuillère à café de sel (ou plus selon le volume total)

Par exemple pour un grand pot en verre de 500 ml (soit l’équivalent d’un grand pot de cornichons) :

  • 1/2 daikon ou radis blanc
  • 2 carottes
  • 1 cuillère à café de sel fin pour faire dégorger les légumes
  • 125 ml de vinaigre blanc ou vinaigre de riz
  • 120 g de sucre blanc
  • 180 ml d’eau
  • 1 cuillère à café de sel fin pour la marinade

Préparation :

Marinade au vinaigre

  • Faire bouillir de l’eau, le sucre et le vinaigre. Ajouter le sel. Laisser tiédir avant de verser dans les pots contenant les légumes (carottes, navets blancs, concombre, choux-fleurs, chayotte, colrave…)

Les légumes

  • Laver, peler les légumes (sauf les concombres), couper selon la forme souhaitée (en julienne, rondelles, rondelles de fleurs, etc). Mélanger différents légumes pour obtenir des couleurs variées ou séparer par légume. Verser le sel sur les légumes et laisser dégorger pendant 10 minutes. Presser pour égoutter et enlever l’excédent d’eau.
  • Peler les gousses d’ail et les laisser entières.
  • Si option piment, épépiner les piments, couper en rondelles ou les laisser entiers selon envie. À éviter si vous ne mangez pas pimenté.
  • Mettre les légumes (facultatif : avec les aromates, ail et piments) dans les pots ou bocaux en verre. Verser la marinade au vinaigre et remplir jusqu’à la surface des légumes. Bien fermer hermétiquement les pots / bocaux en verre. Les pickles se consomment au plus tôt après une nuit de marinade, au mieux après 24h. Ils se conservent très bien au réfrigérateur pendant une semaine à 10 jours.

Astuce :

Si vous êtes pressé et vous souhaitez faire des pickles de légumes 2 heures avant le repas, réduisez la quantité d’eau à 1 dose au lieu de 1,5. On peut aussi supprimer l’eau et ne mettre que du vinaigre (1 dose) et du sucre (1/2 dose) pour accélérer le goût vinaigré en une heure ou deux. Mais cela ne sera pas aussi bon que de laisser mariner une nuit avec les bonnes doses.

Voilà de délicieux petits légumes croquants aigres-doux pour vos apéritifs, amuse-gueules, ou comme chez les Vietnamiens, en accompagnement de viandes, de grillades, dans les salades ou dans les sandwichs banh mi !

Bonne dégustation et bon week end à vous tous !