Questionnaire de Miss Tâm #5 : Marielle Laheurte et les rêves

Portrait Marielle Laheurte Copyright MinhTam Tran

J’ai rencontré Marielle Laheurte il y a presque huit ans par l’intermédiaire d’une amie proche. Ce fut le coup de foudre amical ! Depuis, le Vietnam a nourri notre amitié et nos rêves jusqu’à l’aboutissement d’un magnifique voyage ensemble au Vietnam l’an passé. Il le fallait pour nous, pour l’amour de la terre de nos ancêtres et pour le projet du livre commun.

Marielle Laheurte Minh Tâm Trân Hanoi 2013

Hanoi, Vietnam. Minh Tâm et Marielle Laheurte. Photo prise par Samuel Larochelle, journaliste et écrivain du Québec, rencontré par hasard devant la Pagode à pilier unique. Belle rencontre.

DALAT 2013 Minh Tam Marielle Laheurte

Dà Lạt, Vietnam. Minh Tâm et Marielle avec les easy riders.

Eh oui, Marielle a beau être blonde aux yeux verts, du sang vietnamien du côté maternel coule bien dans ses veines. Et même, beaucoup ! À tel point qu’elle est partie trois mois à Hanoi en 1991 avec sa grand-mère vietnamienne, découvrir pour la première fois la famille de sa mère, en immersion complète dans une famille qu’elle ne connaît pas, une langue familière au son mais pas encore maîtrisée, et un pays très pauvre avec pas grand chose à ce moment-là. « Quand on a atterri à l’aéroport de Hanoi, il n’y avait quasiment rien, la piste était en terre battue et des buffles broutaient non loin de la piste… », raconte Marielle.

Marielle Laheurte sur Sao Mai copyright photo Thomas Goisque

Marielle Laheurte sur sa jonque Sao Mai.
Copyright photo : Thomas Goisque

Revenue du Vietnam, émue, touchée, transformée, Marielle décide d’étudier sérieusement la langue vietnamienne à l’INALCO (Institut national des langues et civilisations orientales) à Paris, en parallèle à ses études d’histoire de l’art, de psychologie et d’interprétation de rêves. Munie de son diplôme de vietnamien, Marielle repart au Vietnam, dans le sud cette fois-ci, pour s’installer à Saigon (Hô-Chi-Minh-ville) pendant six ans, termine son DEA d’histoire de l’art et travaille comme coordinatrice des programmes de coopération audiovisuelle au service culturel du consulat de France à Hô Chi Minh-Ville (radio, télévision).

Là-bas, Marielle rencontre Michaël Pitiot avec lequel elle va vivre l’une de ses plus belles aventures : la construction d’une jonque traditionnelle vietnamienne d’un modèle du XVIIe. siècle qu’elle baptise Sao Mai (étoile du matin) et le voyage en mer qui a duré de 1998 à 2000 depuis Saigon à Saint-Malo, au gré des vents ! Deux magnifiques livres sont parus pour témoigner de cette insolite aventure sur les mers… De Saigon à Saint-Malo – Visions de la jonque Sao Mai, aux éditions Transboréal en 2000 et Pour les yeux d’une jonque aux éditions Glénat en 2002, ainsi qu’un documentaire de 52’ L’odyssée de Sao Mai produit par Gédéon en 2001.

Sao Mai en mer. Capture photo de Thomas Goisque dans le livre "Pour les yeux d'une jonque" de Marielle Laheurte et Michaël Pitiot, éd. Glénat, 2002.

Sao Mai dans l’Océan Atlantique.
Capture photo de Thomas Goisque dans le livre « Pour les yeux d’une jonque » de Marielle Laheurte et Michaël Pitiot, éd. Glénat, 2002.

De retour à Paris, un nouveau chapitre commence pour Marielle avec la naissance de son fils, Antoine. Une autre forme de voyage s’ouvre. Celle de la connaissance intérieure et de l’autre, une exploration passionnante. Marielle étudie et approfondit ses connaissances d’interprétation de rêves, de psychologie, de sophrologie et d’autres méthodes de thérapie pour compléter sa formation. Elle se met à son compte, crée le blog Grandir Zen qui connaît un beau succès et fait un travail de thérapie remarquable hors des sentiers battus (son site mariellelaheurte.com). Des médecins la recommandent désormais auprès de leurs patients.

Voie integrative Marielle Laheurte site

Aujourd’hui, installée comme thérapeute, interprète de rêves et formatrice, Marielle reçoit ses patients, donne des cours d’interprétation de rêve et publie régulièrement des livres. Elle a développé une méthode d’interprétation de rêves IREV dont le livre 50 exercices pour décrypter ses rêves est paru en mars 2013  aux éditions Eyrolles qui lui commandent dans la foulée deux autres livres 50 exercices de visualisation créatrice paru en septembre 2013 et 50 exercices d’EFT (Technique de libération émotionnelle) en février 2014. Dans l’année 2013, elle publie également Interprétez vos rêves chez Hachette dans la collection Pratique. D’autres projets de livres sont prévus et bien sûr notre livre dont le thème sera naturellement en lien avec le Vietnam.

IMG_1110En attendant, Marielle a aimablement accepté de se prêter au jeu du Questionnaire de Miss Tâm et une fois n’est pas coutume, en place de l’interview, Marielle nous explique la symbolique de la nourriture dans nos rêves… Bonne découverte !

QUESTIONNAIRE DE MISS TÂM

1- Si tu étais un aliment ?

Je serai du riz :  il représente pour moi l’Asie et me ramène toujours dans ces paysages de rizière et ce vert tendre que j’adore. Et puis il a mis tant de temps à pousser, tout ce travail fourni avant qu’il n’arrive dans mon bol. C’est mon pain quotidien.

2- Ton meilleur souvenir d’enfance de cuisine ou en lien avec la nourriture ?

Le xôi vò de ma grand-mère vietnamienne : elle manifestait peu d’affection, un vrai dragon, mais elle savait que j’aimais le xôi vò alors elle m’en préparait pour me faire plaisir. C’est par le xôi qu’elle exprimait son affection.

3- Ton coup de foudre gustatif ?

Les boulettes de riz croustillantes que j’ai découvert avec ton grand-père et toi à Saigon. Un régal, mélange de saveurs et de textures, croquantes, et moelleuses à la fois, pleine de contrastes et de paradoxes, qui pour moi caractérisent l’esprit vietnamien.

Riz croustillant Sai Gon Quan 13 photo Marielle Laheurte - copie copie 4- L’anecdote culinaire la plus drôle ou incongrue qui t’est arrivée : en cuisine ou pendant un repas.

C’était avec toi, à Nha Trang, au marché de nuit.  On s’est régalé de calamars frits et d’un poisson grillé extraordinaire. Il faisait sombre, on mangeait allègrement, nos baguettes cliquetaient sans arrêt, quand soudain, en dépiautant un dernier morceau de poisson, j’ai extirpé une sorte de brindille à l’allure étrange. Je n’ai rien dit sur le coup pour ne pas te dégoûter, je l’ai posée discrètement dans un coin de l’assiette, et finalement tu as eu la puce à l’oreille. Tu as regardé ce truc… Un ver, visiblement ! Sans parler, on s’est regardé, arrêt sur image : des yeux terrifiés, comme si on venait de voir « massacre à la tronçonneuse » ou « Vendredi 13 ». À mourir de rire, comme on dit ! Qu’est-ce qu’on a ri !

5- Dans une cuisine, que serais-tu ?

Une paire de baguettes, elles sont d’une simplicité magnifique! Je m’en sers tout le temps, même pour battre des œufs en omelettes, ou pour servir des spaghettis. J’en ai des géantes en bois brut que j’adore.

6- Ton pire cauchemar culinaire, le plat ou dessert détesté, mauvais souvenir de repas ?

Un porc au caramel concocté par la mère d’une amie quand j’avais 7 ans : elle m’avait invitée en me disant : ce sera une surprrrise ! Elle avait l’air tellement fière d’elle ! Et ce fut ignoble : un porc coupé en gros morceaux genre daube avec des carottes. Alors c’est bon ?… Et je n’ai pas osé être franche, et j’ai tout fini, quel calvaire ! Je m’en souviens encore.

7- Ton plat secret ou magique pour séduire ou faire plaisir ?

Un poulet au citron selon ma version mais je ne fais jamais le même, alors difficile de donner une recette.

8- Si tu étais une chef cuisine,  où serais-tu ?

Ce serait évidemment un restaurant vietnamien, je l’appellerai « nhà bêp » et je l’installerai sur une jonque. Sur la seine, je pense que ce serait pas mal. Mais on se déplacerait dans d’autres ports aussi.

9- Le plat ou le dessert que tu as toujours rêvé de faire sans jamais oser ?

Tous les plats très longs à faire qui dépassent une heure de préparation. Par exemple, la paella, je crois que je n’en ferai jamais. En fait, je ne sais pas suivre les recettes écrites, je m’égare toujours à un moment donné, et j’improvise. Donc pour une longue recette, je risque de m’égarer plus d’une fois… Trop risqué pour mes invités.

10- En cuisine, si tu étais un secret, lequel serais-tu ?

Le filet de citron ou encore le miel : dans une sauce salade ou dans un sauté de légumes par exemple. Cette habitude vient du Vietnam avec ses plats si souvent sucrés.

Merci Marielle d’avoir répondu à mon questionnaire ! Tu nous proposes maintenant une explication sur le symbole de la nourriture dans les rêves et un exemple d’interprétation. Merci beaucoup pour ta participation et pour l’article qui suit. À bientôt.

 Bonne lecture à tous !

Photo salade copyright Marielle Laheurte copieNOURRITURE DANS LES RÊVES

par Marielle Laheurte

Vous qui appréciez la nourriture, les bons petits plats, il est très probable que vous rêvez souvent de nourriture, de restaurants, ou de petits plats que vous concoctez dans votre cuisine. Les rêves utilisent les symboles qui vous touchent de près pour vous donner des indications sur vous et votre vie au moment du rêve.

Même si nous ne pouvons établir de grille d’interprétation symbolique (car il faut tenir compte de l’ensemble du rêve et du contexte de votre vie pour analyser un rêve), voici quelques clés pour vous aider à décrypter les symboles alimentaires.

Posons-nous d’abord la question :

Qu’est-ce que de la nourriture ? Ce sont des éléments que nous intégrons et assimilons afin d’y puiser l’énergie dont nous avons besoin pour vivre. Selon le type de nourriture que vous choisissez d’absorber, les effets sur vous seront positifs ou négatifs. Pour aller plus loin, les aliments des rêves, symboliquement, représentent tout ce que nous assimilons, y compris les connaissances, les activités, les loisirs, les émotions, etc. On se nourrit de colère ou de joie, on se nourrit de lecture ou de jardinage, de films comiques ou de voyages, on se nourrit de relations sociales ou de drames, d’amour ou de peur, etc.

Chocolat copyright Marielle Laheurte copieAinsi, le chocolat peut parler d’un besoin d’affection, de douceurs, de tendresse. Une bonne salade peut indiquer, comme ce fut le cas pour moi, des connaissances, en l’occurrence celles que Jung m’apportait dans ses ouvrages que j’étudiais à ce moment-là. Une autre nuit, je me nourrissais de spaghettis alors que je me demandais si je devais accepter une proposition de travail : j’ai compris que le rêve m’indiquait que je serai nourrie de manière substantielle à divers niveaux, en particulier financièrement. Le pain peut parfois parler aussi de votre emploi, de votre « gagne-pain ». Si dans un rêve, la nourriture manque, c’est que vous ressentez de l’insécurité, ou que vous ne pourvoyez pas suffisamment à vos besoins, vous manquez de quelque chose.

Par le symbole des aliments, le rêve vient donc nous indiquer comment nous nous nourrissons : est-ce que nous avons du discernement dans nos choix ? Est-ce que nous savons partager ? Est-ce que nous sommes avides ou modérés dans nos besoins ? Trop manger dans un rêve peut ainsi montrer votre hyper activité, le sentiment que votre vie est vide et qu’il faut la remplir d’activités, de relations ou autres.

Les boissons, et tout liquide, représentent les états émotionnels. Posez-vous la question : quels effets sur moi ont les boissons dont je rêve ? Que m’apportent-elles ? Pourquoi en ai-je envie ? Le lait, le vin, la tisane n’auront pas le même sens : peut-être que vous avez soif d’affection ou d’attention, ou de joie, de partage convivial, d’une vie plus sociale, ou enfin de détente et de calme.

Légumes Vietnam copyright Marielle LaheurtePour les autres aliments, posez-vous aussi cette même question : qu’est-ce qu’ils m’apportent ? Les fruits et légumes remplis de vitamines, qui sont nés de la terre, de l’eau et du soleil, sont le plus souvent très positifs. Ils nous alimentent en énergie, en dynamisme. La forme du fruit peut aussi avoir son sens : les connotations sexuelles sont fréquentes avec les aliments, mais pas systématiques. Je vous laisse deviner le sens d’une framboise, d’une tomate, d’une figue ou encore d’une banane ou d’un concombre. La viande est aussi quelquefois représentative de « la chair », des besoins sexuels. Elle peut aussi indiquer des besoins instinctuels autres. Tout dépendra de l’origine de la viande : manger du porc, du poulet, du mouton ou du bœuf n’aura pas le même sens. Vous vous demanderez alors comment se comportent ces animaux pour découvrir à quel niveau vous vous nourrissez ;  ce peut être autant positif que négatif, tout dépend de l’ambiance et de votre comportement dans le rêve.

Si vous mangez en rêve des aliments tout prêts, c’est que vous vous nourrissez de ce que font les autres, symboliquement vous manquez d’autonomie, ou bien vous avez tendance à  écouter plutôt les autres, à ne pas prendre le temps de trouver les réponses en vous, à vous occuper de vos besoins essentiels, ou enfin de manquer de conscience et de discernement dans vos choix…

Je pourrai écrire un livre entier sur le sens des aliments dans les rêves ! La vie nous offre un buffet de possibilités infinies, à nous d’y puiser librement et en conscience le meilleur pour nous-même et à en savourer chaque bouchée.

Noix copyright Marielle LaheurteUn exemple d’un rêve interprété

Il a été reçu par une jeune femme qui envisageait de s’installer comme masseuse après une reconversion professionnelle. A l’époque, elle doutait de son projet et de ses compétences.

« Je découvre près de chez moi  un restaurant qui vient d’ouvrir. Il est spécialisé dans les légumes et les salades. J’entre. La décoration est très simple mais soignée et chaleureuse. On se sent comme chez soi. Je m’installe. Je suis seule. Je demande la carte. Le serveur est très agréable et souriant. Je commande une salade avec des fruits secs et des légumes grillés. Peu à peu, des clients arrivent et la salle se remplit. Je me sens bien ici. La salade est très copieuse et excellente

Ce restaurant représente le projet d’installation de cette jeune masseuse : un nouveau lieu, peu de clients encore, mais le cadre est simple et chaleureux. Près de chez elle signifie que son projet est accessible, proche de ses aspirations et de qui elle est. Le restaurant montre aussi que son projet est en lien avec le collectif, la vie sociale.

Le serveur est un aspect de la rêveuse, et montre sa manière d’accueillir et de servir ses clients à venir.

La salade représente les belles énergies de la masseuse,  sa générosité, et son état d’esprit équilibré, léger et sain. C’est cela qu’elle apportera à ses clients puisque le restaurant et le serveur la représente. Elle est soucieuse d’apporter de l’énergie (fruits secs), du bien-être et du dynamisme (vitamine), et d’aider les clients à revenir à leur équilibre et leur santé naturelle (produits frais et vivants). Ses massages nourriront bien ses clients, affirme le rêve.

Elle n’a pas à s’inquiéter côté clientèle : une fois qu’elle aura installé son cadre de travail (le nouveau restaurant), et qu’elle-même aura déterminé ce qu’elle veut offrir à ses clients (tarif, prestations tout comme dans un menu de restaurant), son cabinet se remplira.

C’est exactement ce qui se passa : cette jeune femme décida de suivre les conseils du rêve. Elle chercha d’abord un lieu à louer, l’aménagea avec simplicité mais beaucoup de goût, puis prit le temps de définir concrètement son projet avant de se faire connaître du quartier. Quelques semaines après, elle reçut ses premiers clients et depuis, elle travaille à temps plein.

Marielle Laheurte – www.mariellelaheurte.com

Si vous souhaitez connaître le travail de Marielle Laheurte, venez visiter son site et son blog :

Marielle Laheurte : http://www.mariellelaheurte.com/

Grandir Zen (blog) : http://www.grandirzen.com/

Les livres de Marielle Laheurte sont disponibles en librairie et sur Internet : ici.

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8 réflexions au sujet de « Questionnaire de Miss Tâm #5 : Marielle Laheurte et les rêves »

  1. Merci pour cette nouvelle découverte, votre entretien est excellent, je pense avoir trouvé ma lecture pour les vacances. Félicitations !
    Avec toute mon affection
    Valérie

  2. Je découvre avec plaisir ton acolyte de voyage et ses ouvrages. J’aime tes entretiens, on sent que tu prends le temps de connaitre, d’approfondir et d’expliquer le parcours de tes interviewés. Bravo !

    • Merci infiniment ma chère Sécotine ! Tes mots me vont droit au coeur ! C’est vrai, j’ai beaucoup de tendresse pour ces portraits et entretiens. Je te souhaite un excellent week end à toi et ta famille ! Bises.

  3. Un beau portrait d’une Florence Arthaud sur jonque, navigatrice des océans entre le Vietnam et la France. Quelle magnifique épopée. Merci pour cette découverte et bien du succès à vos projets.

    • Merci de tes mots, Grace. C’est vrai, Marielle a vécu des choses extraordinaires au Vietnam et durant son voyage en mer pendant deux ans. Il faut savoir que son bateau n’avait qu’un petit moteur et qu’il voguait réellement au gré des vents. C’est pour cela que la traversée fut si longue. Sans compter les incidents comme le mât cassé, les voiles à remplacer, etc. Il faut être fou et courageux pour entreprendre un tel projet.
      Et merci de tes encouragements pour le livre !

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